Activité cyclonique

Conseils de préparation et de prévention | Irma : Les conséquences activites cycloniques


ANTICIPER LE RISQUE CYCLONIQUE

L’arc antillais, dont Saint-Martin, est exposé aux cyclones tropicaux qui sont susceptibles de se former dans la zone Atlantique. Entre les mois de juin et de novembre, les populations sont donc chaque année appelées à se préparer à l’éventualité d’un tel phénomène météorologique, même si les ouragans majeurs si dévastateurs, restent rares.

CE QU'IL FAUT SAVOIR

La préfecture de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ainsi que les Collectivités territoriales d’Outre-mer travaillent chaque année de concert pour préparer la population au risque cyclonique. Sont étroitement associés à l’information du public les médias locaux (presse écrite, télévision, radio) qui diffusent en temps et en heure les consignes. Afin de bien vous préparer à un éventuel phénomène cyclonique, vous êtes invités à consulter leurs sites internet ainsi que leurs pages respectives sur les réseaux sociaux, qui offrent une information actualisée à l’approche d’un phénomène.

CE QU'EST UN CYCLONE

Un cyclone est une perturbation qui naît sous l’influence des fortes chaleurs associées aux eaux très chaudes des latitudes tropicales. Elle est donc liée à une importante chute de la pression atmosphérique, qui se caractérise par une structure en spirale. Les pluies torrentielles et les vents violents sont donc susceptibles de causer d’importants dégâts.
Dans les Antilles la saison cyclonique débute le 1er juin et se clôture le 30 novembre. Le pic de l’activité cyclonique se situe généralement entre le 15 août et le 15 octobre, la mer étant la plus chaude à cette période.

 

Pour la zone de l’Atlantique nord, qui inclue aussi la mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique, les cyclones naissent majoritairement entre l’Afrique et les Antilles moyennant un déplacement de l’Est vers l’Ouest ou le Nord-Ouest.

CE QU'IL FAUT CONNAÎTRE DES NIVEAUX D'INTENSITÉ

La saison cyclonique voit en réalité se succéder plusieurs phénomènes météorologiques qui varient selon leur intensité, laquelle est déterminée par la force du vent. Les cyclones tropicaux débutent tous leur formation par une dépression qui peut s’intensifier, stagner, rétrograder ou se dissoudre, selon les conditions rencontrées au cours de sa trajectoire dans l’Atlantique. Il est donc important de suivre quotidiennement l’évolution de chaque phénomène.

Une dépression tropicale implique des vents qui soufflent à moins de 63 km/heure. Lorsqu’elle est en formation au large des côtes africaines, c’est donc un phénomène à suivre de près compte tenu du risque d’évolution. Une onde tropicale qui impacterait les terres antillaises peut générer d’important cumuls pluviométriques.

Une tempête peut générer des vents soutenus jusqu’à 117 km/heure et d’importants cumuls pluviométriques. Les habitations et les végétations ne subissent pas de dommages réels mais les risques d’inondation et de glissements de terrains appellent à la vigilance. Les plaisanciers doivent sécuriser leur embarcation. Une tempête qui traverse l’arc antillais peut se transformer en ouragan, y compris à l’approche des terres.

Ouragan catégorie 1
C’est un cyclone dont les vents soufflent de 118 à 153 km/heure et génère une onde de tempête (élévation du niveau de la mer près des côtes) de 1,2 à 1,5 mètre. S’il n’existe pas encore de risque pour les structures importantes, les habitations légères, la signalisation et la végétation sont impactées. Les embarcations mal amarrées peuvent être sérieusement endommagées. Ce type de phénomène est dangereux pour les personnes mal abritées. Risques de coupures d’électricité et de coupures d’eau.

Ouragan catégorie 2
La vitesse des vents est comprise entre 154 et 177 km/heure en moyenne, l’onde de tempête de 1,8 à 2,4 mètres. Ce niveau d’intensité peut causer des dommages structurels au bâti (ouvertures, toitures) et de gros dégâts aux habitations légères ainsi qu’à la signalétique. Les arbres peuvent être déracinés. Risques de coupures d’électricité et de coupures d’eau sur plusieurs jours. Les infrastructures côtières (routes, marinas…) sont particulièrement exposées. Les routes peuvent être impraticables pendant plusieurs jours.

Ouragan catégorie 3
A partir de ce niveau d’intensité on parle d’ouragan majeur. La vitesse des vents est comprise entre 178 et 210 km/heure, la marée de tempête de 2,7 à 3,7 mètres. Les habitations légères et les toitures peuvent être arrachées. Les habitations subissent d’importants dégâts sur les ouvertures. La végétation est ravagée. Inondations et coulées de boues peuvent emporter certaines constructions. Les débris flottants peuvent causer d’importants dégâts.

Ouragan catégorie 4
Les vents soufflent de 211 à 251 km/heure en moyenne, la marée de tempête s’élève de 4 à 5,5 mètres sur les côtes. Crues, inondations, coulées de boue, vagues et débris flottant causent des dégâts considérables notamment aux habitations de plain-pied et aux étages inférieurs des bâtiments. Ce type de cyclone provoque une érosion importante des plages. Toutes les constructions légères, la signalétique ainsi que les véhicules non protégés connaissent des dégâts considérables.

Ouragan catégorie 5
C’est l’intensité la plus élevée sur l’échelle de Saffir-Simpson. Les vents soufflent à plus de 251 km/heure, la marée de tempête est supérieure à 5,5 mètres. Des évacuations d’urgence peuvent être organisées lorsqu’un tel phénomène menace les populations.

CE QUE LES ALERTES IMPLIQUENT

A l’approche d’un phénomène cyclonique, quatre niveaux d’alerte | JAUNE | ORANGE | ROUGE | VIOLET | indiquent la conduite à observer afin de bien se préparer et d’observer les mesures de sécurité adéquates. Leurs consignes détaillées sont à lire sur le site de la préfecture de Saint-Martin et Saint-Barthélemy  ou sur le site de la COM de Saint-Martin.

CE QU'IL FAUT ANTICIPER

Chaque année, la saison cyclonique implique d’anticiper sur les préparatifs pour réserver les jours précédant l’arrivée d’un éventuel phénomène aux actions bien plus urgentes :

constituer des stocks de nourriture (sèche et en boîte, lait en poudre pour bébé) ; prévoir une réserve d’eau potable pour 4 jours au moins ainsi qu’une bouteille d’eau de javel ; prévoir de la nourriture pour les animaux domestiques ;

entreposer tous les outils susceptibles d’être utilisés pendant ou après le passage d’un cyclone : scie, clous, marteau, hache, bâches, serpillières, seaux, bougies, lampes électriques, briquets ou allumettes, contreplaqué, trousse de secours, poste de radio et réserve de piles ;

suivre l’entretien de sa toiture pour réduire les effets de prise au vent, veiller au nettoyage des ravines proches de votre domicile et à l’élagage régulier des arbres ;

au démarrage de la saison cyclonique, conserver précieusement toutes les informations divulguées par la Collectivité et la préfecture, dont la liste des abris anti-cycloniques destinés aux personnes qui ne se sentiraient pas en sécurité dans leur logement.

CE QU'IL FAUT GARDER EN MÉMOIRE

Ces 40 dernières années, Saint-Martin a régulièrement été impactée par des phénomènes qui ont plus ou moins marqué les esprits selon leur gravité. Les plus funestes furent Luis en 1995 et, plus dévastateur encore, Irma en 2017.

Le « bombardement » d’Irma

Onze victimes, un paysage cataclysmique, et une île à reconstruire. C’est le triste bilan légué par l’ouragan Irma dont l’œil aborde Saint-Martin le 6 septembre 2017 vers deux heures du matin. Avec des vents constants à plus de 295 km/heure et des rafales à 360 km/heure, le phénomène le plus puissant jamais observé sur les Petites Antilles déchiquète méticuleusement les terres placées sur la trajectoire directe de cet ouragan majeur à l’impact sans précédent. Un traumatisme terrible pour la population, y compris pour ceux qui avaient déjà connu Luis. Aux ravages considérables qui touchent 95% des bâtiments publics et privés, se greffent des lendemains difficiles émaillés de scènes de pillages parfois violentes et de conditions de vie fortement altérées par l’absence d’eau potable, d’électricité et les difficultés de communication. 8000 départs volontaires ont été recensés dans les jours suivant le passage de l’ouragan, priorité ayant été donnée aux personnes malades et aux femmes accompagnées d’enfants en bas âge. Le cataclysme provoqué par Irma a nécessité d’importants moyens de secours mobilisés par l’Etat grâce à un pont aérien entre Saint-Martin d’une part, la Guadeloupe et la Martinique d’autre part. Pour l’heure, l’île fait face à un autre défi : celui du chantier colossal de sa reconstruction.

Le cataclysme Luis

Mardi 5 septembre 1995 au petit matin, un ouragan de force 5 s’abattait sur Saint-Martin, annonçant un désastre total. Une telle catastrophe ne s’était pas produite depuis 1960 et l’ouragan Donna. Tous ceux qui ont croisé la route de Luis gardent en mémoire cette funeste journée qui présageait le passage d’un phénomène de plus de 600 kilomètres de diamètre, réveillant la houle 48 heures avant son arrivée. Le phénomène à l’approche présageait 36 heures de confinement pour la population et des rafales de vent gonflées jusqu’à 250 km/heure au plus fort de la tempête. Après son passage, Luis laissait derrière lui un paysage de désolation offrant le spectacle de bâtiments effondrés, d’une végétation totalement rasée, de toitures arrachées et d’une population sous le choc. De nombreux décès furent à déplorer surtout au sein de populations d’immigrés clandestins installées dans des baraquements rudimentaires. Dix jours plus tard, second coup du destin, Saint-Martin dû à nouveau faire face aux assauts du cyclone Marylin. Les dégâts de ces deux épisodes se sont élevés à quelque 300 millions de francs. L’île mettra du temps à se relever, le cyclone Luis marquant la fin d’une époque florissante marquée par un développement en accéléré – et pas toujours maîtrisé – impulsé par les premières lois de défiscalisation au début des années 80.

  • 17 septembre 1989
    Hugo a des effets dévastateur en Guadeloupe, catégorie 4

 

  • 5 septembre 1995
    Luis, ouragan majeur de catégorie 5

 

  • 14 septembre 1995
    Marylin, catégorie 1, s’abat 10 jours à peine après Luis

 

  • 8 juillet 1996
    Bertha, catégorie 1 à 2

 

  • 6 septembre 1997
    Érika, catégorie 1

 

  • 20 septembre 1998
    Effets du cyclone Georges, catégorie 4 sur la Guadeloupe

 

  • 21 octobre 1999
    Le cyclone José (classe 2) gorgé d’eau, inonde Saint-Martin

 

  • 18 novembre 1999
    Lenny, catégorie 2

 

  • 22 août 2000
    Debby, catégorie 1

 

  • 15/16 octobre 2008
    Omar, catégorie 2

 

  • 29 août 2010
    Earl, passe à 50 km des îles du Nord en catégorie 3

 

  • 7 octobre 2010
    Des précipitations exceptionnelles s’abattent en raison du passage de la tempête Otto au nord-ouest. L’île n’avait pas connu de tels cumuls depuis 1999.

 

  • 13 octobre 2014
    Gonzalo, catégorie 1 à 2

 

  • 6 septembre 2017
    Irma, catégorie 5