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Histoire de Saint-Martin, l’Île aux multiples facettes

Beaucoup connaissent l ‘ile depuis l’ouragan Irma, une rétrospective sur l’histoire de Saint-Martin s’impose.
Les Arawaks débarquent sur l’Ile entre 800 et 300 ans avant notre ère.
Les Taînos auraient été les dernières populations amérindiennes à avoir vécu sur l’île vers 1500, jusqu’à l’arrivée des européens, qui apportèrent avec eux une multitude de virus et d’épidémies alors inconnues des autochtones.

L’Ile prend le nom de Saint-Martin le 11 novembre 1493, jour de la Saint-Martin, qui correspond à l’arrivée de Christophe Colomb sur l’ ile lors de son second voyage vers l’ouest…

Durant le XVIème siècle, grande époque des corsaires et des flibustiers, Espagnols, Français, Hollandais, Portugais, Anglais, Flamands, convoitent l’île pour ses mouillages protégés et ses dépôts salins.
Cette dernière caractéristique lui vaut le surnom de Soualiga, Terre de Sel.
C’est au cours de ce même siècle que les dernières populations amérindiennes sont réduites à l’état d’esclaves, déportées dans des îles voisines.
Puis l’île devenue trop petite pour les conquistadors, elle perd de son intérêt pour les Espagnols qui la désertent peu à peu.

Le XVIIe siècle 23 mars 1648, signature du traité du Mont des Accords traite Concordia.
Entre 1627 et 1631, la Hollande prend l’initiative de s’installer à Saint-Martin avec comme objectif d’y exploiter les gisements naturels de sel dont elle a besoin pour elle-même et ses établissements sur le continent nord-américain.
Elle y construit un premier fort, ce qui provoque une vive réaction de la part de l’Espagne.
Une occupation militaire espagnole s’ensuit à partir de 1638. Finalement, en 1648, les Espagnols abandonnent complètement Saint-Martin, jugée trop petite (88 km²) et d’un intérêt limité.

Le 23 mars de la même année, les Français et les Hollandais règlent le problème de leur «souveraineté nationale» par la signature du Traité du Mont des Accords (ou Mons Concordia), nom donné à la montagne sur laquelle l’accord est conclu.

Ainsi, Français et Hollandais se partagent l’île en deux parties : les Français occupent la partie nord (52 km²), les Hollandais, la partie sud (34 km²).
Le traité reconnaît à la fois la double nationalité de l’île et son unité : pas de frontière physique entre les deux nationalités et la circulation des personnes et des biens est totalement libre.
Saint-Martin devient ainsi «La Friendly Island », un qualificatif toujours d’actualité.
De même, toutes les dispositions de 1648 sont demeurées en vigueur jusqu’à aujourd’hui.

Evolution de l’économie de l’île de Saint Martin

Jusqu’aux années 1950, l’activité économique de l’île repose sur deux activités principales : l’agriculture et l’exploitation des salines. L’agriculture des premiers colons est essentiellement vivrière. Très rapidement, ils cherchent à développer des plantations à des fins commerciales : tabac, indigo, coton, canne à sucre, café et cacao.

Le développement de l’économie de l’île est marqué par 6 grands cycles :
1630 – 1674 : le cycle du tabac
1680 – 1700 : le cycle de l’indigo
Fin du XVIIe siècle aux années 1820 : le cycle du coton
Du XVIIIe siècle au début du XXe siècle : le cycle du sucre. C’est dans un contexte de véritable boom sucrier dans les Antilles que Saint-Martin développe, dès 1772, la production de canne à sucre.

En 1786, près de 1000 hectares sont exploités par 24 sucreries. Elles produisent environ 875 tonnes par an. Le déclin définitif de la canne remonte au début du 20ème siècle, avec la fermeture de la dernière sucrerie à Spring (Marigot) saint martin histoire.

De la fin XIXe aux années 1960 : le cycle du sel.
La production de sel prend la relève de celle du sucre.
Pour relancer une économie déclinante liée à la crise de l’agriculture sucrière au début du 19ème siècle, les populations se mettent à exploiter rationnellement les nombreux étangs de la zone française.
Une production déjà exploitée par les hollandais.
Il existe 3 grandes salines en partie française : Grand-Case, Quartier d’Orléans et Chevrise. L’extraction industrielle du sel dure un siècle environ. La dernière saline en exploitation, celle de Grand-Case, a fermé ses portes dans les années 60, faute de rentabilité.
A partir du début des années 1980, l’économie touristique prend le relais, devenant l’activité principale source de revenu pour l’ensemble de la population. Les lois successives de défiscalisation (Lois Pons, Paul, Robien Besson, Girardin) ont largement contribué à ce boom économique.
L’économie touristique a atteint son apogée en 1994, avec près de 600 000 visiteurs enregistrés à l’aéroport de Juliana. En 2007, plus d’1 430 406 croisiéristes ont débarqué principalement sur le port en eaux profondes de Great Bay (Partie hollandaise).

A VISITER : Le Musée de Saint Martin – 7 rue Fichot à Marigot.